Marina Vlady

Marina Vlady, la « Princesse de Clèves » au regard clair, s’est éteinte à 88 ans

Le regard clair de la Princesse de Clèves, une vie de passions et de combats : Marina Vlady s’est éteinte à 88 ans. Portait d’une femme libre.


Actrice, écrivaine, chanteuse et femme engagée, Marina Vlady est morte le 24 septembre à Ivry, à l’âge de 88 ans. Elle s’est éteinte dans son appartement de l’avenue Maurice Thorez, « entourée de ses proches et de ses animaux », selon sa famille. Née Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff le 10 mai 1938 à Clichy, cette fille de la diaspora russe laisse une carrière exceptionnelle et une voix libre, jamais apprivoisée.

Issue d’un couple d’artistes exilés, Marina Vlady grandit dans une famille où la culture et la scène occupent une place centrale. Ses trois sœurs deviendront également comédiennes. Elle débute à seulement 10 ans dans Orage d’été et adopte le nom de Vlady en hommage à son père, Vladimir. Très vite, son regard translucide et sa présence singulière s’imposent.

En près d’une centaine de films, elle alterne cinéma d’auteur et productions populaires. En 1963, elle reçoit le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour Le Lit conjugal de Marco Ferreri. Elle est inoubliable en Princesse de Clèves pour Jean Delannoy, mais tourne aussi pour Orson Welles, Jean-Luc Godard, Bertrand Tavernier ou Jean-Marie Poiré. Au théâtre, elle interprète souvent Tchekhov, notamment Les Trois Sœurs et La Cerisaie. marina vlady 1

Femme engagée, Marina Vlady signe le Manifeste des 343 pour le droit à l’avortement. Elle défend aussi l’indépendance de l’Algérie et le droit au logement. Sa vie amoureuse fut tout aussi intense : mariée à Robert Hossein, puis à Jean-Claude Brouillet, elle a vécu une passion légendaire avec le poète russe Vladimir Vyssotski, censuré par le régime soviétique. Elle racontera cet amour fou dans Vladimir ou le Vol arrêté. Elle fut également la compagne du cancérologue Léon Schwartzenberg. 

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Auteure de treize livres, sculptrice et chanteuse, Marina Vlady avait choisi de vivre à Ivry depuis dix ans. Jusqu’à ses derniers jours, elle est restée une figure à part, mélange de mélancolie russe et de liberté française. La « tsarine » au regard si clair a fermé les yeux, laissant derrière elle une œuvre immense et un exemple d’engagement.

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