On connaissait le pétrole cher. Voici le pétrole invisible !

Morning du 14 août, Le pétrole invisible

On connaissait le pétrole cher. Voici le pétrole invisible !


Source :

Face aux menaces des rebelles houthis en mer Rouge, certains pétroliers coupent leur système de localisation.
Une façon de devenir beaucoup plus difficiles à repérer… et donc à attaquer.
Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le marché.

Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
ROUTE DE SECOURS MENACÉE
Le problème dépasse largement quelques pétroliers.
Depuis le début de la guerre avec l’Iran, l’Arabie saoudite s’appuie massivement sur son grand terminal de Yanbu, à l’ouest, pour contourner le détroit d’Ormuz, à l’est.
Au deuxième trimestre, plus de 8 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers par jour transitaient par le détroit ouest, contre 5,4 millions avant le conflit.
La mer Rouge est ainsi devenue la grande voie de secours du pétrole du Golfe.
Mais les Houthis du Yémen ont fragilisé cette solution de repli.

MYSTÈRE !
Et c’est là que l’histoire devient particulièrement intéressante pour les marchés.
Quand les navires disparaissent des radars, mesurer les exportations devient beaucoup plus compliqué.
Pour la première semaine d’août, les estimations des chargements à Yanbu varient selon les sources de 850 000 barils par jour à… 2,4 millions. Pratiquement du simple au triple.
Un écart gigantesque sur un marché où quelques centaines de milliers de barils suffisent à influencer les prix.

LE PÉTROLE FAIT LE TOUR
Riyad adapte donc ses routes.
Une partie du brut remonte désormais la mer Rouge pour rejoindre la Méditerranée, via le canal de Suez ou les oléoducs égyptiens.
Les chargements y ont atteint un record de 2,2 millions de barils par jour la semaine dernière, en hausse de 50%.
Environ 90% seraient du pétrole saoudien.
Le brut continue donc de circuler mais par des routes plus longues, plus complexes et plus coûteuses.

LA FACTURE DE LA GUERRE
Cette nouvelle géographie du pétrole a un prix.
Les assurances contre les risques de guerre flambent et certains armateurs refusent tout simplement d’entrer dans les zones dangereuses.
Les exportations saoudiennes vers l’Asie sont ainsi tombées sous 3...
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